Quelques Définitions

Travail sur la sémantique des termes utilisés dans le travail du SAO :

1°/ Précarité :

La précarité est l’absence des conditions et des sécurités permettant à une personne, à une famille, à un groupe d’assumer pleinement leurs responsabilités et de bénéficier de leurs droits fondamentaux.

La précarité est caractérisée par une forte incertitude sur la possibilité de pouvoir retrouver dans un avenir proche la situation qui est considérée comme « acceptable ». Elle est donc une notion subjective et relative car elle se définit par rapport à une situation « acceptable » et au sein d’une société donnée.

Le degré de perception de la précarité est, en outre, influencé par de nombreux facteurs culturels.

 2°/ Pauvreté :

Une personne en situation de pauvreté ne dispose pas de ressources matérielles suffisantes (manque d’argent) et vit dans des conditions qui ne lui permettent pas d’exister dignement selon les droits légitimes et vitaux de la pyramide de Maslow.

Le code de l’Action sociale et des Famille considère comme « pauvre » toute personne ou famille éprouvant des difficultés particulières, au regard notamment de son patrimoine, de l’insuffisance de ses ressources ou de ses conditions d’existence (art. L115-3) et dont les ressources sont inférieures à un revenu garanti (art. L262-2).

La pauvreté est variable en fonction du niveau économique d’un pays (ex : inexistence des minima sociaux dans les pays d’Afrique).

3°/ Vulnérabilité :

La vulnérabilité est la fragilité face à la maladie, à des agressions extérieures, à des évènements personnels (deuil, divorce, déception amoureuse…), socio-économiques (chômage, licenciement…).

Le degré de vulnérabilité dépend de la sensibilité face aux évènements dommageables et de la capacité d’adaptation face à ceux-ci. Pour un être humain, la vulnérabilité peut avoir des conséquences en terme d’autonomie, de santé, d’espérance de vie, de dignité, d’intégrité physique et psychique.

4°/ Exclusion sociale :

L’exclusion sociale est le fait de s’écarter de la norme de la société, de s’en exclure ou d’en être exclut avec une rupture, parfois brutale des liens sociaux. Cela correspond à la mise à l’écart d’une personne ou d’un groupe en raison d’une trop grande différence avec le mode de vie dominant dans la société.

Nous distinguons le concept d’exclusion sociale qui serait subi de celui de la « marginalité » qui serait plutôt choisi.

L’exclusion sociale est souvent consécutive à une perte d’emploi, au surendettement, à la perte d’un logement…et se traduit par une grande pauvreté, par une rupture plus ou moins brutale avec les réseaux sociaux, avec la vie sociale en générale. L’exclusion sociale a souvent un impact sur l’identité et l’estime qu’à la personne d’elle-même.

5°/ Diagnostic social :

Le diagnostic social permet de définir la nature de la demande du ménage à un instant donné (accès, maintien, urgence, solvabilité, culture, comportement…) et de réaliser l’adéquation entre la demande du ménage et la solution en termes d’hébergement et d’accompagnement.

Le diagnostic social est essentiel pour une bonne compréhension de la situation du ménage (degré de vulnérabilité, évaluer la capacité de mobilisation…).

Autrement dit, le diagnostic social se compose de l’évaluation sociale et de l’orientation.

Le partenariat contribue à affiner ces observations et ainsi le diagnostic social.

6°/ Violence :

La violence au sens du droit civil, est l’acte délibéré ou non, provoquant chez celui qui en est la victime, un trouble physique ou moral comportant des conséquences dommageables pour sa personne ou pour ses biens.

Il existe plusieurs types de violence :

-La violence psychologique est définit par le droit français en « des actes répétés, qui peuvent être constitués de paroles et/ou d’autres agissements, ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de vie de la victime susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité ou d’entrainer une altération de sa santé physique ou mentale ».

La loi du 9/07/2010 a été votée dans le cadre de la répression des violences faites aux femmes et concerne « les violences exercées au sein du couple ou par un ancien conjoint ». Il peut s’agir d’un phénomène circonstanciel (violence situationnelle), mais aussi parfois un processus systémique et évolutif (terrorisme conjugal) au cours duquel un des partenaires exerce, dans le cadre d’une relation privilégiée, une domination qui s’exprime par des agressions physiques, psychologiques, sexuelles, économiques ou spirituelles.

La violence psychologique ne concerne pas uniquement des agissements propres aux hommes envers les femmes. Elle touche les conjoints, mais aussi les enfants, les relations professionnelles, qu’ils la subissent directement ou qu’ils en soient témoins.

- La violence physique est un acte qui porte atteinte à l’intégrité physique, à la vie ou à la liberté d’un individu. Les violences physiques sont les plus identifiables car pour la plupart visibles quand il s’agit de coups et blessures, qui peuvent d’ailleurs aller jusqu’à la mort de la victime. Dans ces cas, ils peuvent faire l’objet de constats avec preuves. Mais certaines violences laissent peu de traces, comme les tentatives d’étouffement, de noyade, d’étranglement.

En tant qu’atteintes à l’intégrité physique ou psychique de la personne elles peuvent être qualifiées de délits ou de contravention selon qu’elles ont causé ou non une incapacité de travail.

Il peut s’agir de violences à caractère sexuel commis par un ou plusieurs individus avec violence, contrainte, menace ou surprise, c’est à dire sans le consentement de la personne visée.

- La violence économique se manifeste par des comportements et des actions qui empêchent une personne d’accéder à sa liberté économique. Encore une fois, cette forme de violence peut-être utilisée de façon implicite ou explicite. C’est la détention par un seul partenaire du pouvoir de décision concernant les ressources financières. Voici quelques exemples :

  • Interdire ou fortement déconseiller à sa conjointe de travailler à l’extérieur du foyer ;
  • Contrôler le budget de sa partenaire et/ou saisir en tout ou en partie les revenus ou les papiers importants (passeport, carte d’identité, etc.) de sa conjointe ;
  • Ne pas partager avec justesse le budget familial et/ou refuser de dépenser de l’argent lors d’occasions spéciales ;
  • Contrôler les dépenses pour les besoins essentiels : vêtements, nourriture, frais nécessaires pour le bien-être des enfants, etc.

7°/ Urgence sociale :

L’urgence sociale a pour objectif d’évaluer et de traiter dans un court délai la situation personnelle, sociale, administrative, médicale et financière d’un ménage, considérée comme en danger.

Le but est de préserver et/ou d’assurer leur sécurité physique et psychologique par le biais d’une prise en charge adaptée soit par un accompagnement et/ou un hébergement à définir avec la personne et les dispositifs concernés.